Saint-Laurent, c’est désormais un mouvement, un manifeste et des actions collectives. Un groupe de citoyens s’est réuni dimanche après le culte afin de soutenir le pasteur Daniel Fatzer, en grève de la faim depuis jeudi après son licenciement avec effet immédiat de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV).
Officiellement créé ce lundi soir, avec un comité de neuf membres, le Mouvement des Citoyens Saint-Laurent-Eglise a rédigé et approuvé un manifeste. «Nous nous levons pour défendre et préserver notre communauté qui est mise en danger par les décisions du Conseil synodal et le licenciement immédiat de l’un de nos pasteurs», dit le texte. Au-delà de la défense d’un ministre, le manifeste «s’indigne» des méthodes de gouvernance dans l’EERV: le Conseil synodal a agi «sans avoir consulté notre conseil. En prenant cette décision elle n’a tenu aucun compte de notre vie communautaire, de nos projets, et de nos liens spirituels et amicaux avec nos ministres, ce qui est fondamental dans l’esprit de la Réforme.»
Le manifeste précise ensuite: «Comme communauté de croyants, nous sommes l’Eglise, corps du Christ, et non pas les clients d’une structure hiérarchique.» Ajoutant que «cette dernière a été créée pour être au service des croyants et non l’inverse». Selon Vincent Léchaire, qui parle au nom du Mouvement, «ce manifeste veut rappeler qu’il n’y a pas de hiérarchie pyramidale dans l’Eglise réformée, ou alors ce serait une pyramide inversée». Le manifeste souhaite en conséquence «un dialogue» avec le Conseil synodal et qu’une médiation soit mise en place «afin de sortir de l’impasse». Il réclame aussi une réintégration du pasteur Daniel Fatzer et «le maintien de notre communauté dans son originalité, sa diversité et son ouverture».
Récolte de signatures
Une page «Mouvement citoyen Saint-Laurent-Eglise» a été créée lundi soir sur Facebook. Elle permet de signer le manifeste et de s’inscrire à une lettre d’information. Le Mouvement animera une «célébration laïque» chaque jour à 18 h 30. Des membres du mouvement se relaieront pour dormir avec le pasteur Fatzer: une tente a été montée dans l’église. Des personnes seront également présentes pour jeûner et prier avec lui aux heures des repas. Membre du mouvement, Geneviève Schneeberger s’est sentie appelée car «dans un monde marqué par les conflits, l’Eglise doit montrer un chemin de tolérance». Ami d’études de Daniel Fatzer, en visite à Saint-Laurent, le pasteur Gérard Pella a observé la naissance d’un mouvement «qui se veut solidaire d’une cause sans agressivité vis-à-vis du Conseil synodal». (24 heures)
(Créé: 20.06.2016, 22h39)