Entretien avec Franck Lefillattre

Durant 14 ans, Franck Lefillatre a exercé le ministère pastoral avec son épouse Ester. Étudiant, ce fils et petit-fils de pasteurs ne s’orientait pourtant pas vers le ministère. À la théologie, il préfèrera les sciences politiques. Et ce n’est que des années plus tard qu’il répondra à l’appel du Seigneur sur sa vie, d’abord dans le sud de la France, puis à Paris. Il a été de nombreuses années, le pasteur principal de l’église évangélique de Paris Métropole, initiateur du projet Paris pour Christ, et impliqué dans la formation des leaders au sein de l’église locale. Aujourd’hui à la croisée des chemins, Franck a accepté de répondre aux questions d’Info Chrétienne. Nous le remercions pour sa confiance, la profondeur et la sincérité de ses réponses, et pour son coeur de voir les chrétiens entrer pleinement dans le ministère que Dieu leur a confié.

  1. Franck, peux-tu nous raconter ta rencontre avec Jésus ?

Dès mes premiers jours, je fus plongé dans ce bainJ’ai grandi dans une famille pastorale. Grand-père et père furent tous les deux pasteurs au sein des Assemblées de Dieu de France. Et dès mes premiers jours, je fus plongé dans ce bain. Je rends grâce à Dieu pour la sagesse de mes parents qui ont toujours su consacrer à ma sœur, mon frère et moi le temps et l’attention qu’il fallait. Et contrairement à ce que l’on entend parfois, mes années d’enfant de pasteur n’ont pas été une peine, mais une joie. En même temps, mes parents m’ont donné l’amour des Écritures. J’aimais entendre les prédications sur Jésus et particulièrement sur la croix. Je ne sais pas le nombre de fois que j’ai répondu à un appel et donné mon cœur à Jésus. Mais je suis convaincu qu’aucune de ses réponses ne fut inutile. Chacune construisait ma foi.

J’ai été aussi très tôt en contact avec la puissance de l’effusion du Saint-EspritJ’ai été aussi très tôt en contact avec la puissance de l’effusion du Saint-Esprit et mon désir de vivre cela personnellement était grand. Un soir, lors d’un camp d’ados, mon papa prêcha quelques minutes, lança un appel pour qui voulait être baptisé du Saint-Esprit, et en quelques instants une vague de puissance descendit sur tout le groupe réuni, une bonne soixantaine. J’avais 13 ans. Dieu venait de marquer ma vie d’une manière indélébile.

Ce n’est toutefois qu’à l’âge de 17 ans, quelques semaines avant mon bac, que je m’engageais dans les eaux du baptême, suite à une conversion solide dans des circonstances particulières. A cette époque, mon papa était directeur de l’Ecole Biblique de Léognan. Un soir, j’étais dans un coin de la grande salle de réfectoire alors qu’il donnait un cours d’apprentissage de la prédication. Il enseignait sur l’évangélisation et l’appel. Apparemment, cela fut efficace, puisque de simple visiteur distrait, j’étais devenu auditeur convaincu. Et dans mon cœur, je répondais à l’appel de Dieu.

Cela me prit néanmoins 10 ans pour apprendre la différence entre croire dans son cœur et donner sa vie au Seigneur. Et je me rappelle du jour où dans une prière, je dis à Jésus : « Pardon, Seigneur, pour les années perdues, aujourd’hui, je te donne ma vie. » Et quelques semaines plus tard, son appel à le servir se faisait entendre (de nouveau) en moi.

  1. Quel a été le déclic qui a marqué le début de ton ministère ?

Quelques semaines après mon baptême, je reçus l’appel de servir le Seigneur dans la prédication. Et dès l’été qui suivit, je recevais aussi un fardeau pressant pour Paris, ville que je ne connaissais que comme touriste occasionnel. Cependant, je ne concrétisais pas cet appel, et je m’engageais dans des études d’Économie et Politique à Paris et aux Etats-Unis. Je dois témoigner de la fidélité de Dieu qui me permit de faire de solides études qui ont contribué à me donner des outils utiles pour le ministère.

Elle n’est pas simplement ma compagne de vie, mais aussi ma première compagne dans le ministère après le Saint-EspritEn 1998, nous nous marions avec Ester. Nous nous connaissions depuis notre enfance en colonie. Mais ce n’est qu’en 1997 que nous nous sommes retrouvés dans son église à Chambéry. Elle est une part importante du processus par lequel le Seigneur ranima en moi la flamme de l’appel. D’ailleurs, elle l’est toujours. Elle n’est pas simplement ma compagne de vie, mais aussi ma première compagne dans le ministère après le Saint-Esprit. C’est après notre mariage qu’intervint cette prière de consécration de ma vie à Dieu, que je mentionnais tout à l’heure. Quelques jours plus tard, lors d’un rassemblement en région lyonnaise, le Seigneur renouvela son appel et le confirma ensuite par ce verset qui est la pierre de fondation de mon ministère :

« C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ. C’est à quoi je travaille, en combattant avec sa force, qui agit puissamment en moi. »
Colossiens 1.28-29

Je partageais cela avec Ester lors d’une balade en voiture et elle me rejoignit aussitôt dans cet appel que nous n’avons cessé depuis de partager ensemble.

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  1. La vie est parfois soumise aux épreuves. Serais-tu d’accord d’en partager une avec nous, et surtout de nous faire découvrir de quelle manière tu l’as surmontée avec la grâce de Dieu ?

En septembre 1995, mon papa, âgé de 49 ans, décédait des conséquences d’un cancer du péritoine. J’avais 25 ans, et c’était un effondrement pour toute la famille. Non seulement il me semblait que sa vie était inachevée, mais aussi son ministère. Il était dans la force de l’âge et dans la pleine maturité de son appel. Et là, tout s’arrêtait. Néanmoins, le Seigneur avait démontré sa fidélité et sa présence dans toute cette épreuve. Tout avait commencé par une parole de connaissance dans laquelle Dieu l’avertit qu’il devait se préparer à le rejoindre.

La maladie se déclara quelques temps plus tard, elle envahit progressivement tout son système digestif. Ce qui me marqua le plus alors fut la grâce qui reposait sur lui. Dans leur protocole, les médecins avaient mis à sa disposition une pompe à morphine qu’il pouvait actionner librement pour alléger ses douleurs. Il l’utilisa une nuit qui fut une nuit de cauchemars : des visions de loups et de ténèbres. Il stoppa immédiatement cela et se confia dans le Seigneur qui le soulagea et l’accompagna jusqu’au bout. Dans les derniers jours, alors que son corps était rempli de métastases, les médecins étaient stupéfaits de le voir si paisible.

C’est dans son repos que nous avons trouvé notre consolation
En fait, c’est comme s’il n’était plus avec nous. Il était déjà avec le Seigneur, dans son repos. Je me rappelle le dernier regard que nous avons partagé… Comme Paul l’explique au début de la Seconde aux Corinthiens, c’est dans son repos que nous avons trouvé notre consolation. Ce repos était la consolation que Dieu lui accordait et cette consolation dans ses souffrances nous consolait à notre tour. Le souvenir de ce repos nous a accompagnés tout au long de notre période de deuil et nous a permis de le surmonter.

  1. Quel est le projet ou la réalisation dont tu es le plus fier ?


Nous achevons avec Ester 10 années extraordinaires de ministère à l’Eglise Paris Métropole pendant lesquelles la grâce du Seigneur n’a cessé de nous accompagner. J’avais donc 17 ans lorsque je reçus un appel pressant pour Paris, mais ce n’est que 20 ans plus tard que le Ps Boulagnon m’appelait pour lui succéder sur l’église de la Roquette (son nom de l’époque). Nous étions à ce moment en plein questionnement sur notre avenir. Plusieurs propositions pastorales nous étaient soumises, mais aucune ne trouvait un assentiment de l’Esprit dans nos cœurs… jusqu’à cet appel.

Parallèlement, nous multiplions les cultes, deux puis trois… puis quatre
Nous avons alors quitté le Sud ensoleillé pour les quais de Seine. Nous n’avons rien regretté. Très rapidement, l’église se mit à croître et nous avons essayé de l’accompagner au mieux. Des collègues nous ont rejoints, Benjamin et Marion Dérand, Didier et Isabelle Biava, Pierre et Mélodie Fauchy. Des jeunes se sont levés pour le ministère, et aussi des leaders de louange, des diacres, des anciens. L’église se renforçait. Parallèlement, nous multiplions les cultes, deux puis trois… puis quatre et l’ouverture d’une église à Noisy-le-Grand. Nous étions complètement saturés. Notre bâtiment d’église est un don de Dieu. Acheté à une époque où notre quartier avait peu d’intérêt, il est maintenant situé en plein cœur du Paris vivant et jeune, le quartier de la Bastille. C’est un lieu d’attraction et de convergence, mais c’est aussi un lieu limité en termes d’accueil, 280 places et quelques salles complémentaires.

« Allez au théâtre Déjazet »Depuis des années, je cherchais de nouveaux locaux avec cette conviction partagée par l’Eglise : ne pas quitter Paris. Seulement, des locaux en plein Paris adaptés à une Eglise en croissance, c’est une chose rare et très spéculative. Au printemps 2016, j’étais vraiment sous pression et tous mes efforts avaient échoué. Je capitulais devant le Seigneur en lui disant : « Je n’ai pas trouvé de solution, j’abandonne ». Trois jours plus tard, dans les couloirs du métro de Bastille, le Saint-Esprit me saisit et me dit : « Allez au théâtre Déjazet ». Il se situe place de la République avec une capacité d’accueil de 700 personnes et des salles annexes.

Fort de la conviction du Saint-Esprit, je partageais ce projet avec l’Eglise. C’était un défi, me semble-t-il, jamais réalisé en France : séparer l’Eglise en deux, une moitié à Bastille et une moitié à République. Ce n’était pas une division mais une multiplication cellulaire. Nous nous sommes préparés tout l’été, formant les leaders et les équipes. Et en septembre, nous nous lançions. Aujourd’hui, les deux sites fonctionnent très bien. Nous nous retrouvons régulièrement pour des cultes en commun. C’est impressionnant de voir le théâtre plein. Nous réunissons lors de ces journées plus de 1.000 adultes. Je remercie le Seigneur pour tous les efforts, le courage et l’engagement des chrétiens de l’Eglise Paris Métropole.

10 ans donc de ministère, de travail, de combat, et au bout du compte, une réelle percée qui en appelle d’autres. Notre vision, c’est Paris Pour Christ.

  1. Quelle est la plus grande leçon que tu as apprise au travers de ton ministère ?

Servir Dieu avec des compagnonsDepuis longtemps, j’avais une aspiration profonde : servir Dieu avec des compagnons. J’étudiais précisément ce que Paul enseigne sur ce sujet. Sans cesse, il fait mention de ses compagnons de service, d’œuvre, de combats, de voyage, de captivité… Cette idée est un des grands principes qui a permis la croissance de EPM. Je remercie le Seigneur qui m’en a accordé de nombreux : des collègues pasteurs (confirmés ou débutants) qui se sont joints à nous de l’extérieur ou levés dans l’église, des diacres, des anciens, des leaders avec des capacités extraordinaires, des gens merveilleux, passionnés pour le Royaume de Dieu.

Il ne peut plus s’agir de fonctionner dans un modèle pyramidalDe servir avec des compagnons implique un état d’esprit particulier. Sans remettre en cause, la nécessité d’un leadership décisionnel, il ne peut plus s’agir de fonctionner dans un modèle pyramidal. Les valeurs que j’ai donc essayé de communiquer à l’Église sont encouragement, liberté, audace, coopération, honneur. Et malgré des erreurs desquelles nous apprenons, les choses se développent dans le bon sens. Cela impliquait aussi pour moi de me libérer d’un schéma de leadership qui a souvent cours dans nos églises : celui du grand chêne majestueux… auprès duquel rien ne pousse. Mon désir a toujours été que mes collègues exercent pleinement leur ministère. J’ai appris à leur laisser la place en toujours plus de choses, quitte à réduire la mienne. C’est ainsi que l’Église devient un jardin d’Eden avec une multitude d’arbres portant toute sorte de fruits pour satisfaire les besoins d’une diversité de gens.

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  1. Comment perçois-tu tes prochaines années dans le ministère ? Quel est le ou quels sont les projets qui te tiennent à cœur ?

Nous devions quitter Paris, faire le premier pas, sans savoir où nous irionsDepuis juin de l’année dernière, nous sommes rentrés avec Ester dans un temps particulier, celui d’une transition. A travers différentes paroles inspirées et pensées fortes, nous avons acquis la conviction que notre temps et notre mission sont achevés sur Paris. Quand nous avons commencé à parler de cela, ce fut un choc pour nous. Jamais nous n’avions sérieusement pensé qu’il pouvait y avoir quelque chose après Paris. Quitter Paris revenait à prendre notre retraite. C’était fini. Notre ministère s’achevait. Bien sûr, ce n’était pas ce que Dieu pensait. Il nous rassura et nous encouragea : il y aurait d’autres choses au-delà de Paris. Il nous communiqua alors ses instructions : nous devions quitter Paris, faire le premier pas, sans savoir où nous irions. C’est ce que nous avons fait. Au mois de janvier dernier, j’avertissais mes collègues, le Conseil de l’église et l’église elle-même de notre départ pour cet été. Dans les semaines qui suivirent, notre succession s’organisait. Aujourd’hui, nous sommes toujours dans l’attente de la direction divine. En paix, car notre succession est assurée à Paris, en paix, car Dieu conduit toute chose et en son temps, il nous montrera où nous devons aller et dans quoi nous devrons nous investir. Notre avenir est donc en « stand-by » pour l’instant, mais il repose entre les mains de Dieu.

  1. Selon toi, de quoi nos églises ont-elles le plus besoin aujourd’hui ?

Nous avons besoin de pères dans nos églises et nos mouvements. Nous avons beaucoup de maîtres qui veulent diriger, nous avons beaucoup d’amis « fâcheux » à la manière des amis de Job, mais nous avons très peu d’Elihu et encore moins d’Abraham, de Barnabas ou de Pierre. L’homme de Dieu qui me marque le plus en cela est le Ps Carter Conlon de l’Eglise Time Square de New York. Il est véritablement un père, un modèle, un rocher solide dans son église et pour tous les gens, jeunes et moins jeunes sur qui il veille. Son influence se répand dans tout New York, et bien au-delà. C’est un homme de prière, qui prend le recul nécessaire par rapport à la frénésie de la ville dans laquelle il sert. C’est un homme de la Parole qui ne cesse jamais de prêcher Jésus. C’est un homme qui ne cherche pas son intérêt. Ainsi, au lieu d’implanter de nouvelles églises dans une ville qui en compte déjà beaucoup, il préfère travailler à leur revitalisation à travers un mouvement de prière qui se répand de plus en plus. Il est pour moi l’exemple même d’un père, un homme, un ministère dont nous avons tant besoin.

« Car, quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile. »
1 Corinthiens 4.15

Merci Franck d’avoir pris le temps de répondre aux questions de la rédaction. Que le Seigneur vous guide sur le chemin qu’il a tracé d’avance pour votre ministère et votre famille.

La rédaction

La rédaction

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Guillaume Anjou
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Ces théologiens qui ont résisté à Hitler

Le théologien Dietrich Bonhoeffer (à g.) est entré en Résistance en 1938 grâce à la complicité de son beau-frère Hans von Dohnanyi (en haut à dr.). Avec les hauts gradés Wilhelm Canaris (centre) et Henning von Tresckow (en bas), ils ont participé à un complot pour renverser Hitler. © BArch/DR

Le théologien Dietrich Bonhoeffer (à g.) est entré en Résistance en 1938 grâce à la complicité de son beau-frère Hans von Dohnanyi (en haut à dr.). Avec les hauts gradés Wilhelm Canaris (centre) et Henning von Tresckow (en bas), ils ont participé à un complot pour renverser Hitler. © BArch/DR

31.03.2017

Sous le nazisme, des pasteurs ont osé défier le Führer. Le cas de Dietrich Bonhoeffer est exemplaire

K Pascal Fleury

Résistance »   Face à la montée du nazisme et de l’antisémitisme en Allemagne, des pasteurs courageux ont osé résister. L’un de ces héros antifascistes est le luthérien Dietrich Bonhoeffer, considéré aujourd’hui comme l’un des théologiens protestants les plus marquants du XXe siècle.

La fronde a débuté dès 1933, lorsque Hitler a voulu prendre le contrôle des 28 Eglises protestantes régionales en leur imposant un organisme d’Etat centralisé, dirigé par des évêques pronazis. Le Führer, animé d’une haine abyssale des Juifs et des bolcheviks, rêve de faire de l’Europe orientale «l’espace vital de la race nordique». Mais il craint que les Eglises ne mettent ses projets en danger. Côté catholique, n’ayant aucun pouvoir sur le pape, il négocie un concordat le 20 juillet 1933. Côté protestant, il se montre beaucoup plus autoritaire.

Obligation morale

«Dietrich Bonhoeffer est l’un des premiers théologiens qui reconnaît dans la politique hitlérienne contre les Juifs un problème posé à l’Eglise», observe le pasteur Ferdinand Schlingensiepen, auteur d’une biographie de référence sur le théologien allemand1. Alerté par son beau-frère juriste Hans von Dohnanyi, il intervient publiquement avant même le vote de la loi d’exclusion des fonctionnaires et de son «paragraphe aryen».

«L’Eglise a une obligation inconditionnelle vis-à-vis des victimes de toute organisation sociale, même si ces victimes n’appartiennent pas à la communauté chrétienne», souligne-t-il dans un article intitulé «L’Eglise et la question juive».

«Kirchenkampf»

Un combat acharné, externe et interne à l’Eglise luthérienne – le «Kirchenkampf» – s’engage alors dans le pays. L’évêque Martin Sasse fait flotter le drapeau à croix gammée sur l’évêché de Thuringe, proclamant haut et fort la pensée des chrétiens allemands pronazis: «Il n’y a plus de vie en Allemagne en dehors du Führer.» En face, une vingtaine de théologiens, dont Bonhoeffer, se révoltent. Ils créent la Ligue de crise des pasteurs, qui deviendra le noyau dur de l’Eglise confessante.

En un temps record, environ 2000 clercs s’y rallient. Regroupés autour du théologien Martin Niemöller, ils sont même 7000 en janvier 1934, soit un tiers de tous les pasteurs du pays, à se dresser contre les mesures de persécution antisémites.

Pour sa part, Dietrich Bonhoeffer est appelé par l’Eglise confessante à diriger un séminaire pour la formation des futurs pasteurs à Finkenwalde près de Stettin, mais en 1937 déjà, la police le fait fermer et 27 étudiants sont emprisonnés. La formation se poursuit dès lors plus discrètement sous forme de «vicariats collectifs» animés dans des presbytères.

Dans la Résistance

Bonhoeffer reste sur ses gardes. Il en sait davantage que la plupart de ses collègues sur ce qui se passe réellement en Allemagne. Il est informé par la presse étrangère, par ses relations à Londres où il gère une paroisse, et surtout par son beau-frère juriste, qui rassemble dès 1933 une documentation secrète sur les crimes nazis.

Proche collaborateur du ministre de la Justice Franz Gürt­ner puis conseiller à la Cour de Leipzig, von Dohnanyi sympathise avec le juriste militaire Karl Sack et le colonel Hans Oster. Ce fils de pasteur est l’adjoint de l’amiral Wilhelm Canaris, chef des renseignements militaires (Abwehr). Dès 1938, tous ces hommes influents élaborent des plans pour renverser Hitler. Bonhoeffer est rapidement mis dans la confidence.

Dès lors, le pasteur va s’engager dans la Résistance, tout en poursuivant ses mandats au service de l’Eglise confessante. Alors qu’on lui confie des paroisses dans le nord du Reich, il apprend l’existence d’actions d’euthanasie secrètes dans les asiles et hôpitaux psychiatriques de Poméranie. Par l’intermédiaire de pasteurs, il réussit à faire pression jusqu’à la chancellerie du Reich. En août 1941, Hitler doit mettre un terme par décret à ce programme meurtrier.

Avec von Dohnanyi, désormais au service du contre-espionnage de l’amiral Canaris, Bonhoeffer prend aussi activement la défense des Juifs persécutés. Nommé agent de liaison de l’Abwehr (V-Mann), ce qui lui permet de voyager, il participe à l’«Opération 7», qui permet le sauvetage de quatorze Juifs via la Suisse (lire ci-dessous). Pour les exfiltrer, von Dohnanyi a l’idée ingénieuse de les faire passer pour des «agents secrets» de l’Abwehr, comme le racontent Elisabeth Sifton et Fritz Stern2.

Le 13 mars 1943, les comploteurs de l’Abwehr tentent un grand coup lors de la visite du Führer au quartier général de Smolensk, sur le front de l’Est. Henning von Tresckow place une bombe dans l’avion du Führer, camouflée dans un paquet de deux bouteilles de Cointreau. L’explosif lui a été livré par von Dohnanyi, qui accompagne sur place l’amiral Canaris. Mais le mécanisme ne fonctionne pas, vraisemblablement en raison des basses températures dans la soute. En juillet 1944, Canaris et Tresckow participeront aussi à l’opération Walkyrie, sans davantage de succès.

Quelques jours après l’échec de Smolensk de 1943, Bonhoeffer et Dohnanyi sont arrêtés et emprisonnés pour trahison et «violation des changes» dans le cadre de l’«Opération 7». Ils sont exécutés deux ans plus tard dans les camps de concentration de Flossenbürg et Sachsenhausen, le 9 avril 1945, sur ordre d’Hitler, avec d’autres membres du groupe Canaris.

Dans ses lettres et notes de captivité3, Bonhoeffer a écrit: «L’ultime question que me pose ma responsabilité n’est pas de savoir comment je me tirerai d’affaire héroïquement, mais comment la génération à venir pourra continuer de vivre.»

1 Ferdinand Schlingensiepen, Dietrich Bonhoeffer 1906 – 1945, Nouvelle édition revue par Jean-Louis Schlegel, Editions Salvator, 2015.

2 Elisabeth Sifton et Fritz Stern, Des hommes peu ordinaires – Dietrich Bonhoeffer et Hans von Dohnanyi, Editions Gallimard, 2014.

3 Dietrich Bonhoeffer, Résistance et soumission – Lettres et notes de captivité, Ed. Labor et Fides, 2006

Radio: Ve: 13h30 TV: Karl Barth – le libre-penseur de Dieu 
Di: 20h30 Lu: 24h

L’Eglise confessante antinazie à laquelle adhérait Dietrich Bonhoeffer était soutenue également par un autre éminent théologien protestant du XXe siècle, le Suisse Karl Barth.

Fils et petit-fils de pasteur, Karl Barth (1886-1968, photo DR) a commencé par exercer comme pasteur à Safenwil, en Argovie, s’intéressant aux problèmes sociaux et syndicaux des paysans, ce qui lui a valu le surnom de «pasteur rouge». Son commentaire très remarqué de l’Epître aux Romains l’amène à accepter un poste de professeur à Göttingen, en Allemagne, où il entreprend une réflexion théologique systématique, la Kirchliche Dogmatik, qui deviendra une référence majeure pour son siècle. En 1934, il est le principal auteur de la Déclaration de Barmen, acte fondateur de l’Eglise confessante antinazie. Expulsé d’Allemagne pour avoir refusé de prêter serment au Führer, il continue le combat depuis Bâle, où il devient professeur de théologie systématique. Le théologien Bonhoeffer, pour qui Barth était l’un des maîtres les plus influents, lui a rendu plusieurs fois visite en Suisse avant et pendant la guerre. Karl Barth l’a aidé, entre autres, à obtenir des visas de transit pour les Juifs fuyant le Reich dans le cadre de l’«Opération 7». PFY

«Lorsque le pape dénonce l’idolâtrie du profit à tout prix, il est pleinement à sa place»

ecrituremanuscrite CC(by-nc-nd) Rebecca via https://flic.kr/p/4sP4NHProtestinfo laisse régulièrement carte blanche à des personnalités réformées.

Sous la forme de la lettre ouverte, Jean-François Ramelet, pasteur, responsable de «l’esprit sainf — une oasis dans la ville» à Lausanne réagit au propos de Beat Kappeler sur la prise de parole publique des ministres du culte.

Photo: CC(by-nc-nd) Rebecca

Cher Beat Kappeler,

Vous souvenez-vous de moi? Jeune pasteur à Lutry, je vous avais invité, il y a plus de vingt ans, dans un cycle de conférences sur le thème: «le monde change et la Suisse?» Les orateurs venaient à la fois du monde politique, économique et théologique. Cette série avait rencontré un franc succès.

Si je vous écris ces mots, c’est que récemment, vous vous en êtes pris très vivement, au pape François, ainsi qu’à des pasteurs et ecclésiastiques, dans une tribune du journal NZZ am Sonntag. Selon vous le Pape, les curés et les pasteurs n’ont pas à prendre position sur des questions économiques ou politiques, mais devraient se concentrer sur les réalités «célestes».

Je m’étonne de l’indigence de vos propos. Comment quelqu’un d’aussi intelligent que vous peut-il se méprendre si lourdement sur ce qu’est la foi chrétienne? Le credo chrétien estime que Dieu n’est plus à chercher dans le firmament et dans les astres, puisqu’un jour il a mis pied à terre dans la personne de Jésus-Christ. C’est ce que l’on appelle «l’incarnation». J’y tiens mordicus.

L’incarnation signifie que la personne de Jésus-Christ, ses gestes, ses paroles, sa manière de vivre ont force de révélation. Et contrairement à ce que vous semblez penser, Jésus-Christ, pendant son ministère, ne s’est jamais illustré par des discours évanescents, métaphysiques et abscons sur le ciel, l’au-delà, les réalités d’en haut, mais rejoint plutôt l’humain dans son quotidien et l’interpelle sur ce qu’implique «croire en un Dieu d’amour».

Jésus parle ainsi de pardon, d’argent, d’impôts, de notre relation à César, des relations «parents – enfants», «hommes – femmes», «riches – pauvres», «malades et bien portants», «juifs et non-juifs», etc. D’ailleurs, Jésus a été mis à mort par le préfet romain Ponce Pilate au motif qu’il représentait un danger pour la «pax romana», autrement dit que ses propos menaçaient l’économie et l’autorité de l’empereur.

Une fois systématisée par les Pères de l’Eglise, puis par de nombreux philosophes et théologiens, la pensée de Jésus, va infuser pendant de longs siècles la culture occidentale, changer nos relations humaines; modifier notre rapport aux médiations, à l’argent, à l’économie, à l’autorité, c’est-à-dire au politique.

En cette année du Jubilé de la Réforme, je ne vais pas vous faire l’affront de vous rappeler tout ce que l’économie et le politique doivent à des prédicateurs qui ont osé parler de prêts à intérêt, de gouvernance, d’autodétermination, de liberté de conscience, etc.

Contrairement à vous, j’estime que lorsque le pape dénonce l’idolâtrie du profit à tout prix, il est pleinement à sa place. Il ne fait que signaler haut et fort, une perversion de l’économie, qui est l’accumulation et la captation de bénéfices et de richesses par quelques-uns. Je ne suis pas économiste, mais je crois que cette dérive est dangereuse et qu’elle pourrait dans un avenir proche, causer des conflits majeurs.

Karl Barth, éminent théologien bâlois du XXe siècle et résistant au nazisme, estimait qu’il fallait prêcher non seulement avec la Bible ouverte, mais aussi avec le journal ouvert. Il avait pleinement raison, ne vous en déplaise.

Vaccination du bétail : Eleveurs et agro-pasteurs du delta et de la vallée du fleuve sensibilisés

L’adjoint au gouverneur chargé du développement, Sahite Fall et le coordonnateur national du Projet régional d’appui au pastoralisme dans le Sahel (Praps), Mouhamadou Moustapha Thiam, ont invité l’ensemble des éleveurs et agropasteurs du delta et de la vallée du fleuve Sénégal à contribuer efficacement à la campagne de vaccination du bétail initiée par l’Etat.        

Au cours de la dernière réunion du comité régional de développement (Crd) qui s’est déroulée dans les locaux de la préfecture de Saint-Louis, en présence du chef du service départemental de l’élevage et des services vétérinaires, M. Diémé, des représentants des Gallé Aynabé (maisons des éleveurs) des communes de Mpal, Fass-Ngom, Gandon, Ndibène Gandiole, etc., le gouverneur Sahite Fall a longuement insisté sur l’urgence et la nécessité de protéger le cheptel contre certaines maladies telles que les pestes bovine et ovine, les mouches tsé-tsé, etc., qui attaquent le bétail et ralentissent la production.

En effet, le cheptel souffre très souvent de maladies pernicieuses qui risquent de décimer les bovins. Parfois, les éleveurs sont dans la psychose avec la propagation de ces maladies qui attaquent les troupeaux de vaches.

Selon certains éleveurs du Gandiolais et du Toubé qui ont été très sensibles à l’appel du gouverneur Sahite Fall et du coordonnateur du Praps, Moustapha Thiam, les taux de mortalité et de maladie du bétail sont encore élevés et la couverture sanitaire est insuffisante du fait du nombre relativement faible de vétérinaires privés au moment où l’Etat s’est désengagé de ce domaine, « les produits vétérinaires sont encore chers et leur distribution et leur accessibilité sont limitées, la mortalité du bétail constitue une perte énorme estimée aussi à plusieurs milliards de FCfa ». Le coordonnateur du Praps, Mouhamadou Moustapha Thiam, a également laissé entendre que la vaccination est obligatoire pour tout le bétail, précisant qu’un animal déjà atteint de certaines maladies ne peut pas être sauvé par une vaccination.

Certains vétérinaires qui ont assisté à cette réunion ont réitéré leur engagement indéfectible à contribuer à la réussite de cette campagne de vaccination du bétail. Ils ont surtout tenu à rappeler que le sous-secteur de l’élevage concerne environ 350.000 ménages au Sénégal, touchant plus de 3.000.000 de personnes et constitue un élément important de la sécurité alimentaire. Avec un cheptel estimé à 3.000.000 de bovins, 9.000.000 d’ovins et caprins et 350.000 porcins, la production de viande qui est de près de 114.260 tonnes en 2005 est destinée à la consommation nationale. La production de lait estimée à un peu plus de 116 millions de litres ne représente qu’un tiers de la consommation intérieure. Les importations contrôlées de produits laitiers en 2005 portent sur 46.229 tonnes, soit pour une valeur de 42,4 milliards de FCFA, mais en progression tandis que les importations de viande portent sur un volume de 19.692 tonnes pour la même année, soit pour une valeur de 16,66 milliards de FCfa. Le sous-secteur de l’élevage représente plus du tiers de la valeur ajoutée du secteur primaire et plus de 7% du Pib du Sénégal.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

2èME CONVENTION INTERNATIONALE DE LA MISSION MARANATHA : Le pasteur Moussa …

Du jeudi 16 au dimanche 19 mars dernier, les fidèles chrétiens de la Mission évangélique Maranatha ont tenu leur 2ème Convention autour du thème central «L’église, la famille de Dieu».

Le premier responsable de cette organisation, Pasteur Moussa Bamba, venu des Etats-Unis où il réside, a animé, mercredi dernier, au siège de la Mission, à Cocody-Riviera-Allabra, une conférence de presse-bilan de la rencontre spirituelle.

Deux jours avant cette convention, le mardi 14 mars, les pasteurs et diacres de la Mission Maranatha ont été, deux jours durant, formés sur «la fidélité envers Dieu et dans la mission», «l’attachement à Dieu et l’attachement à la vision de la mission» et sur «la loyauté dans la mission et envers le responsable de la mission», «car la déloyauté, a-t-il révélé, est la principale source des crises dans nos églises aujourd’hui». A l’en croire «la loyauté du Roi David envers Jonathan, fils de Saul, nous a édifiés. L’attachement du Prophète Elysée envers son maître et père Eli le prophète nous a permis de comprendre que l’attachement dans le ministère peut conduire à des bénédictions inespérées. La fidélité des Recabites envers leur père jusqu’à s’opposer au prophète Jérémie nous a inspiré, au cours de ces deux jours de formation».

Revenant à cette 2ème Convention, il a souligné qu’elle a réuni «l’ensemble de nos églises à l’intérieur et à l’extérieur de la Côte d’Ivoire». Plusieurs sous-thèmes dérivés du thème central «L’église, la famille de Dieu» ont été, a-t-il précisé, développé par différents orateurs. «Nous pouvons retenir, durant ces quatre jours qu’a duré notre convention, que l’église est la famille de Dieu. Et, malheureusement, au sein de cette famille, nous faisons face à plusieurs crises. Ces crises sont liées au fait que ce ne sont pas tous ceux qui sont à l’église qui sont convertis», a estimé le serviteur de Dieu. «Nous avons identifié trois catégories de personnes au sein de l’Eglise : les personnes spirituelles, donc convertis, qui travaillent pour l’avancement de l’église et du royaume de Dieu ; les nouveaux convertis, donc des personnes à éduquer, qui sont de bonne foi, mais qui ne comprennent pas trop bien le fonctionnement de l’église ; et les personnes charnelles, qui sont des individus à l’Eglise depuis un certain temps, mais qui refusent de se convertir», a-t-il poursuivi.

Il est persuadé que «le danger que l’église de Jésus-Christ court aujourd’hui est que plusieurs de ces personnes charnelles ont reçu le baptême, ont même présenté des signes apparemment spirituels. Mais, dans le fond, elles ne sont pas converties. Et le pasteur leur confie des responsabilités ; certaines deviennent même des pasteurs sans avoir été un jour converties» .

Marcellin BOGUY

Une église suédoise forme des pasteurs évangélistes marocains

Londres : L’église voudrait que ces recrues marocaines, puissent travailler en tant que pasteurs évangélistes, auprès des réfugiés arabes.

Les futurs pasteurs marocains en formation – PH Dagen

En effet, l’église ‘församlingsgemenskapen i Centrumkyrkan Sundbyberg’, centre évangéliste de la commune de Sundbyberg, dans le comté de Stokholm en Suède, a lancé une formation, au profit de 25 étudiants arabophones, dont des marocains. Ceux-ci sont destinés à devenir des pasteurs évangélistes.

Selon l’édition suédoise, du journal pan-scandinave, Dagen, ces étudiants marocains et ceux d’autres nationalités, auront pour missions, d’évangéliser et essayer d’atteindre toutes les personnes arabes qui arrivent en Suède, en tant que réfugiés.

La formation, indique le journal scandinave, est théologique. Elle est dispensée en langue arabe, avec des programmes parallèles en anglais et en suédois.

Ces étudiants marocains, ajoutent la même source, sont eux-mêmes des immigrés. Ils pourront après, obtention de leur diplômes, travailler en tant que pasteurs évangélistes, en Suède. Ils sont également habilité à s’activer dans les pays arabes et aux USA. L’église de Sundbyberg a indiqué qu’elle travaille à leur obtenir aussi des accréditations pour l’Allemagne.

En plus du Maroc, les étudiants viennent de l’Egypte, de Syrie et d’Irak.

CHRISTIANISME EVANGELISTE

Le christianisme évangéliste, à laquelle appartient l’église de Sundbyberg, est la branche, la plus farouchement prosélyte, du christianisme.

Il s’agit d’un courant religieux très vigoureux, grâce notamment à la richesse financière et l’hyper-activisme de ses branches américaines.

C’est un ensemble qui réunit des confessions chrétiennes initialement inspirées par la Réforme protestante dans diverses Églises. Ce mouvement compte 600 millions de croyants, de part le monde.

Reunion des pasteurs et fidèles de l`église Lumière Chrétiennes dans le cadre des retrouvailles …

SociétéReunion des pasteurs et fidèles de l`église Lumière Chrétiennes dans le cadre des retrouvailles du sommet Esther et Mardochée

Publié le lundi 20 mars 2017   |  RTG1

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Erythrée : l’exemple des pasteurs face à la persécution

 

En Érythrée, plusieurs responsables d’églises sont emprisonnés depuis des années en raison de leur foi. Leur persévérance aide les chrétiens à tenir ferme dans leur foi.

300-chronique-erythree-oriDe nombreux responsables d’églises en Érythrée sont en prison depuis une dizaine d’années. Il y a sans doute peu de pays dans le monde où l’on peut faire la même remarque effarante. L’Érythrée, ce minuscule pays situé dans la Corne de l’Afrique continue d’être un véritable cauchemar pour les chrétiens qui veulent y pratiquer leur foi. Pourtant, un chrétien érythréen attire notre attention sur un point de lumière situé au milieu de ce tableau noir. D’après lui, il est remarquable de voir combien les épreuves que traversent les responsables d’églises en Erythrée inspirent les paroissiens. Il explique : « Puisque nos responsables paient au prix fort le fait de connaître Christ, alors nous aussi ! Nous n’avons jamais vu nos responsables fuir, douter ou abandonner. Depuis les hauts murs de la prison ou des conteneurs métalliques entreposés en plein soleil, ou depuis leur domicile où ils sont assignés à résidence, les responsables chrétiens érythréens montrent aux membres des églises que Christ en vaut la peine. Rien, pas même un sermon dans le plus grand des stades ne fait avancer l’Évangile plus rapidement que leur exemple. »

En Érythrée la principale source de persécution est la dictature. Des milliers de chrétiens ont été emprisonnés et beaucoup sont morts en détention. Ceux qui tentent de fuir le pays sont abattus par les forces de sécurité. Le 12 novembre 2015, un chrétien parvient à s’évader d’une prison et rapporte que parmi les 108 chrétiens détenus, beaucoup sont morts sous la torture ou de pneumonie. Lui-même a été sévèrement frappé. L’Érythrée contribue largement à la crise mondiale des réfugiés : des milliers de personnes continuent à fuir le pays.

Deux pasteurs sud-coréens arrêtés en Chine pour avoir aidé des Nord-Coréens persécutés

Temps de lecture : 2 minutes

Deux pasteurs chrétiens sud-coréens ont été arrêtés en Chine parce qu’ils ont aidé à protéger des Nord-Coréens persécutés.

Les pasteurs arrêtés ont aidé des « dissidents » Nord-Coréens à quitter la Chine car ils risquaient d’être rapatriés dans leur pays où les violations des droits de l’homme sont alarmants, rapporte le Yonhap News.

Les épouses des deux pasteurs ont également été initialement arrêtées et interrogées, mais relâchées plus tard.

Un responsable du ministère des Affaires étrangères de Séoul a révélé que les pasteurs sont détenus dans un centre de détention de la province de Liaoning, dans le nord-est du pays.

En février, la Chine avait déjà arrêté 4 missionnaires sud-coréens et expulsé 32 autres, suite à une série de raids policiers sur des églises. Ces premiers avaient également contribué à faire s’enfuir des  persécutées du régime de Kim Jong-un.

La Corée du Nord possède le gouvernement le plus oppressif au monde et est certainement le pays le plus fermé et le plus isolé de la planète. Le régime est accusé par la Commission d’enquête des Nations unies de crimes contre l’humanité.

« Ces crimes contre l’humanité incluent l’incarcération de 100 000 à 200 000 prisonniers politiques qui sont soumis aux pires formes de torture, d’esclavage, de déni de soins médicaux, et dans certains cas de violence sexuelle », avait déclaré au Christian Post Benoît Rogers, chef d’équipe de Christian Solidarity Worldwide en Asie de l’Est.

Selon plusieurs organisations comme Portes Ouvertes, la Corée du nord est le pays le plus dangereux pour les chrétiens qui doivent garder leur foi secrète s’ils ne veulent pas « être arrêtés, enlevés ou même exécutés si leur foi est découverte ».

Prions pour les chrétiens de Corée du Nord afin que le Seigneur les protège et aide ceux qui essaient de fuir la tyrannie.

P. Gustave Wanme : « Chaque évêque doit avoir un directeur de communication »

Le P. Gustave Wanme / Charles Ayetan / UO Africa

Le P. Gustave Wanme / Charles Ayetan / UO Africa

Prêtre du diocèse de Dapaong, au Togo, P. Gustave Wanme est docteur en communication, ayant soutenu une thèse sur « La médiatisation de l’Afrique dans la presse française : le cas emblématique de la Côte d’Ivoire (1990-2006) » à l’Université de Lille 3.

Il confie à Urbi & Orbi Africa, sa mission de porte-parole des évêques et analyse les médias catholiques du pays.

Vous êtes secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques du Togo depuis 2010. Quelle est votre mission ?

P. Gustave Wanme : En tant que porte-parole, je suis chargé de préparer et diffuser les communiqués de presse de la Conférence des évêques du Togo. J’ai également pour mission de rendre publique toute information jugée nécessaire par les évêques à l’attention des fidèles mais aussi du peuple en général. Ces informations concernent la vie de l’Église mais aussi les questions sociopolitiques du pays et sont diffusées surtout par voie de presse, radio et télévision.

Qu’est-ce qui motive la conférence épiscopale à communiquer ?

P. G. W. : En général, les évêques communiquent sur un sujet pastoral ou sociopolitique. Mais, contrairement à ce que l’on pense, ils sont davantage préoccupés par les questions ecclésiales que sociopolitiques. En tant que pasteurs, leur premier rôle, c’est l’évangélisation : annoncer la Bonne Nouvelle du Christ. Et les messages les plus fréquents sont d’ordre pastoral. Cependant, ils interviennent aussi sur des questions sociopolitiques. C’est le cas de leur lettre pastorale « Soyons responsables dans la justice et la vérité » du 27 avril 2016.

Que communiquent-ils et par quels moyens ?

P. G. W. : À travers les moyens de communication sociale, les évêques éduquent et enseignent le peuple dans leurs diocèses respectifs. Ils se concertent aussi entre eux, puis donnent et reçoivent des conseils mutuellement. Ils interpellent ainsi à la vigilance, à la justice, au pardon, à la paix et à la justice sociale. Les évêques communiquent et enseignent par les homélies, les lettres pastorales, leurs conseils, mais aussi à travers les médias, catholiques ou non.

Et pourtant l’Église est souvent accusée de « silence coupable » par certains ?

P. G. W. : C’est à tort. Car, l’Église ne communique pas seulement par voie médiatique. Les évêques, collégialement ou individuellement, font appel à la communication interpersonnelle. En effet, des contacts personnels sont initiés à travers des audiences, rencontres, médiations et négociations diplomatiques qu’on ne peut pas rendre publiques, etc., en vue de la résolution des conflits sociaux et/ou politiques. Dans tous les cas, en tant que pasteurs, les évêques s’adressent à tous les fidèles, quelle que soit leur appartenance politique ; et leur rôle n’est pas de condamner une partie, mais de dire la vérité à chacun.

Quelles relations les évêques du Togo entretiennent-ils avec les médias ?

P. G. W. : La conférence des évêques a un intérêt particulier pour les médias. La preuve, c’est qu’il y a un évêque chargé des moyens de communication sociale au sein de cette conférence épiscopale, et chaque évêque manifeste cet intérêt aux médias dans son diocèse : radio, journaux, télévision, réseaux sociaux, etc. Aujourd’hui, la plupart des évêques utilisent Facebook, whatsapp où ils diffusent leurs communiqués et dialogue avec les peuples.

Quelles sont les perspectives d’avenir dans ce domaine ?

P. G. W. : Chaque évêque devra envisager la nomination d’un directeur de communication dans son diocèse. Actuellement, chaque diocèse dispose d’un responsable de la communication sociale qui joue un peu le rôle de directeur de communication. Mais il faudra envisager d’en avoir un qui joue pleinement ce rôle. Et selon les besoins des diocèses, ces directeurs de communication pourraient être déchargés de responsabilité paroissiale afin d’être consacrée totalement à la pastorale des médias.

Recueilli par Charles Ayetan (à Lomé)